Voyant cette photo, vous seriez en droit de croire que je reviens d'un éreintant entrainement de rugby, ou bien, plus éprouvant encore, d'un match acharné où j'ai essayé de faire jouer l'équipe d'Annecy "Racing-style", et que j'ai juste oublié d'enlever le protège-oreille avant la douche du champion.
Mais non.
Je ne suis pas (encore) un champion.
Juste un héro.
Tout simplement.
Car ce bandeau, c'est la conséquence d'une intervention chirurgicale majeure, que j'ai affronté avec détermination et sang-froid.
Et oui, il y a de cela trois semaines, j'ai été opéré afin d'essayer de mettre fin à mes otites à répétition (je vous dirais bien combien, de répétitions, mais cela va nettement au delà de mes présentes capacités de calcul).
Mon comportement héroïque a débuté dès la veille de l'opération, puisqu'il a fallu prendre non pas une, mais deux douches avec un truc tout orange-et-qui-sent-pas-bon. Ensuite, le lendemain, réveil à 6h pour partir à la clinique sans boire le bib. Oui, vous avez bien lu. PAS DE BIB. Là encore, j'ai montré ma force d'esprit en dépit de mon ventre qui hurlait famine.
A la clinique, au départ, c'était plutôt cool : de nouvelles têtes, des chariots sur lesquels grimper qui allaient plus vite que des Formule 1, Maman qui me lisait des histoires, un déguisement marrant.
Mais tout d'un coup, j'ai senti l'embrouille : un monsieur est venu, on m'a mis dans un lit une cellule avec des barreaux verts - vert de l'espoir? Ils ont un drôle d'humour, les gens de l'hôpital - et le monsieur est part avec le lit, les barreaux, le vert, Malo... mais sans Maman... Là, j'avoue que je n'étais plus vraiment d'accord.
Quelques 2 heures plus tard, j'étais de retour. Et j'avais SOIF. Et FAIM. Mais apparemment, il était écrit que mon calvaire devait se prolonger, car Maman avait interdiction de me sustenter. Seule bonne nouvelle dans ce monde de brutes, Maman m'a offert un nouveau puzzle pour me faire patienter, et moi, les puzzles, je suis tellement fort et j'ADORE tellement que, même encore sous le coup de l’anesthésie, j'arrive à faire des prouesses.
Quand j'ai finalement pu boire, puis manger, les choses ont commencé à mieux aller... Pour moi, si ce n'est pour Maman, qui avait - même si persuadée de gérer super cool - bien stressé, et qui avait tellement mal au ventre qu'elle se demandait si elle n'allait pas, elle, terminé aux urgences gynéco pour cause d'arrivée intempestive de Bébé Sœur.
Après le retour à la maison et quelques jours à se remettre de l'anesthésie, tout va bien maintenant. Mes oreilles vont bien, et il semble que l'on voit un progrès avec mes rhino (pahringytes, pas céros).
Ne reste que ce stupide bandeau, qui me fait ressembler à Chabal sans la barbe...